mercredi 19 avril 2017

Rencontre avec Ficelle, boutique de laine et ateliers de tricot

J'ai dernièrement découvert Ficelle, une boutique de fibres locales en ligne qui offre aussi des ateliers de tricot. Moi qui cherchais justement à acheter des laines plus responsables et plus naturelles, je ne pouvais pas mieux tomber! Pour mieux connaître le projet, j'ai discuté avec Florence, une des quatre cofondatrices.


Sélection de laines québécoises de Ficelle - tricot



Commençons par le début : comment l'idée de créer Ficelle vous est-elle venue?


En fait, Mia, Justine, Ari et moi (Florence) on est des amies de longue date. Certaines d'entre nous ont même déjà habité ensemble. On est toutes des amoureuses du tricot et souvent quand on se voyait, on tricotait ensemble ou on s'échangeait de la laine, des patrons, des trucs. C'est Justine qui nous a montré à tricoter en rond avec 2 aiguilles circulaires, moi qui ai ramené la base du jacquard d'un voyage en Beauce chez ma grand-mère. Ari nous envoyait toujours des patrons et Mia était la reine du « tiens je t'ai fait une lingette en coton ». En plus, Mia, Justine et moi on avait travaillé ensemble dans un magasin de laine. Bref, on était déjà liées par notre amitié et notre amour des mailles.

Pendant l'hiver 2016, on avait l'habitude de faire des « cercles de fermières privés » chez Justine chaque semaine. On s'est rendu compte que nos autres amis qui participaient au Cercle nous posaient des questions, on leur recommandait de la laine, et qu'on commençait à en savoir des affaires sur le tricot. C'est Ariane qui, un beau soir, nous a donné l'idée un peu sous une forme de « défi ». Pourquoi on ne lance pas notre propre compagnie d'ateliers de tricot? On pourrait aider les gens à domicile et donner des cours de tricot partout sans avoir de boutique fixe! L'idée nous a tout de suite emballées et on a commencé à travailler les 4 ensembles là-dessus. On est toutes très engagées vis-à-vis le commerce local et l'environnement et connaissant un peu le monde de la laine, on savait que la majorité des fibres qu'on achète pour tricoter dans les magasins sont souvent polluantes puisqu'elles ne sont pas naturelles, qu'elles viennent de loin et qu'on est complètement déconnectés de leur producteur. L'idée de faire la promotion de petits producteurs locaux est donc devenue inévitable et a formé le deuxième aspect de Ficelle - Ateliers de tricot - Fibres locales.


Est-ce que ça a été difficile de trouver des producteurs locaux respectant vos valeurs?


Oui et non. En fait, il y a énormément de petits producteurs de fibres au Québec, en Ontario et dans les Maritimes. Le festival Twist est une vraie mine d'or pour en rencontrer plusieurs, mais pas tous. Mais le contexte, surtout économique, du monde de la fibre complexifie les choses. Les petits producteurs ne peuvent pas fournir des détaillants de laine puisque souvent leur production est inconstante au courant de l'année et inégale au niveau des couleurs, de la quantité, etc. Beaucoup d'entre eux sont débordés par le travail à la ferme et toute la transformation, souvent très artisanale, de leurs produits. Ils n'ont donc pas le temps de bien mettre en valeur et en marché leurs produits. C'est de là qu'est venue notre idée de devenir une fenêtre pour la vente des produits de ces producteurs.

Mais ce ne sont pas tous les petits producteurs qui veulent ou qui ont pensé à ce que leurs produits soient vendus par d'autres. Beaucoup d'entre eux font de la vente directe de leurs produits. Il faut donc trouver ces petits producteurs qui sont souvent ancrés dans leur communauté mais n'en sortent pas vraiment pour leur demander s'ils sont intéressés à ce qu'on vende leur laine.

Il y a aussi le fait que souvent, la laine produite à échelle artisanale prend vite une valeur très élevée du fait de tout le travail en amont. Nous avons aussi à coeur que les fibres dont nous faisons la promotion restent accessibles au plus grand nombre de tricoteur.ses et on ne veut pas, par exemple, vendre 100g de fibres à 50$. Aussi, pour abaisser le prix de leurs produits, beaucoup de petits producteurs vont mélanger leurs fibres à d'autres qui sont moins chères et importées (mérinos, fibres végétales). Chez Ficelle, on veut le plus possible que les fibres soient 100% d'origine locale.

Donc, en résumé, il y a beaucoup de petits producteurs de fibres autour de nous qui font des produits magnifiques. Mais ce ne sont pas tous dont la mise en marché et les produits finis (100% locaux) correspondent à nos valeurs. Une chose est cependant certaine : on ne fera jamais le tour de toutes les belles fibres créées par les petits producteurs du Québec et de pas trop loin autour.


compte instagram de Ficelle-tricot


Vous n'offrez pas beaucoup de couleurs de laines, mais celles-ci sont magnifiques (surtout la Brute!) et s'agencent bien. Comment les avez-vous choisies?


Merci! En fait, au départ nos collections correspondent à des projets. La Brute est faite pour les chaussettes, La Rustique pour les mitaines, La Wellington pour les tuques et La Bergère pour les pantoufles. Mais bien sûr tout ça est adaptable au gré de nos imaginations! On fait des chandails en Bergère, des mitaines en Wellington et des bandeaux en Rustique. Donc à la base, on s'est laissé guider par les projets auxquels on pensait pour les laines. Ensuite, on discute longuement des couleurs entre nous, on a toutes un faible pour les couleurs naturelles et profondes donc on s'entend bien! Et puis, pour La Rustique, ça nous faisait tripper d'avoir une collection entièrement couleur naturelle (non teinte) vue la diversité naturelle des couleurs chez les alpagas.


Votre projet a été lancé officiellement il y a environ 6 mois. De quoi êtes-vous le plus fières à date?


En fait, on est fières de plein de petites choses! À chaque fois qu'on a un beau commentaire sur notre graphisme, notre mission, notre laine on se le partage entre nous. Mais notre plus grande fierté nous vient de lorsqu'on a donné (ou redonné) le goût à des gens de tricoter. Avec nos activités marmaille, on a appris à des enfants à tricoter sur leurs doigts et ils continuent chez eux à la maison, on trouve ça très mignon. Il y aussi des grands-mamans qui viennent à nos rendez-vous tricot et qui trouvent ça le fun de voir toutes sortes de relèves tricotantes et de pouvoir discuter avec eux!

Tricoter en public ça donne lieu à plein d'échanges entre les générations et on apprend des choses incroyables du temps où tricoter était une nécessité, pas un passe-temps. C'est vraiment gratifiant de partager sa passion! En plus, on dirait que le tricot a vraiment un potentiel de rendre les gens « accros ». Quand on commence, on ne sait pas tout l'univers de fibres, couleurs et patrons qui se cache derrière notre premier projet de foulard en mailles à l'endroit haha! Et on est vite emporté dans la folie, heureusement contagieuse, du tricot. Ça crée des beaux moments de partage de patrons, de conseils laineux, d'échanges d'idées.


Et finalement, que peut-on vous souhaiter pour la suite?


Que les gens soient toujours autant enthousiasmés par le tricot et qu'on crée des cercles de tricot toujours plus nombreux et pas juste l'hiver! On rêve de faire des réunions de tricot dans les parcs l'été, en collaboration avec d'autres petites entreprises laineuses. Que les acteurs du paysage de la fibre du Québec, on se rencontre davantage! Et qu'on se tourne davantage vers les producteurs locaux!

Ficelle - boutique de laine et ateliers de tricot
Pour connaître la suite de leur histoire, rendez-vous sur le site internet de Ficelle, suivez leur page Facebook ou leur compte Instagram!

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